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Morgane Mercier · 10 min · Dernière mise à jour le

Résumé de l’article
La contribution économique territoriale (CET) est un impôt local composé de la cotisation foncière des entreprises (CFE) et de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).
La CFE concerne la majorité des entreprises et indépendants, tandis que la CVAE s’applique principalement aux structures réalisant un chiffre d’affaires important.
De nombreuses exonérations existent selon l’activité exercée, la localisation de l’entreprise ou son année de création.
Le montant de la CET dépend notamment de la valeur locative des locaux, du chiffre d’affaires et de la valeur ajoutée produite par l’entreprise.
Plusieurs solutions permettent de réduire légalement cette charge fiscale, notamment grâce aux exonérations, au plafonnement de la CET et à une bonne anticipation budgétaire.
Chaque fin d’année, elle arrive sur l’espace professionnel des impôts et pèse sur la trésorerie des entreprises : la contribution économique territoriale (CET). Souvent mal comprise, elle est pourtant l’un des piliers de la fiscalité locale en France.
Qu’est-ce que la CET exactement ? Qui doit la payer et comment est-elle calculée ? Que vous soyez micro-entrepreneur, artisan ou dirigeant de PME, cet article vous donne toutes les clés pour comprendre, calculer et optimiser votre contribution économique territoriale (CET).
La contribution économique territoriale est un impôt local dont doivent s’acquitter les entreprises et les travailleurs indépendants exerçant, à titre habituel, une activité professionnelle non salariée en France.
Créée pour remplacer la taxe professionnelle en 2010, elle sert à financer les collectivités territoriales (communes, départements et régions).
La CET n’est cependant pas une taxe unique : elle se compose de deux cotisations distinctes que nous aborderons dans la suite de cet article.
La cotisation foncière des entreprises est la composante la plus connue de la CET, car elle concerne presque tous les travailleurs indépendants et les entreprises, indépendamment de leur taille.
C’est un impôt calculé à partir de la valeur locative des locaux (boutique, bureau, atelier, etc.) qu’utilisent les entreprises pour exercer leur activité. Dans le cas où un professionnel n’a pas de local et exerce depuis son domicile, la CFE est établie sur une base d’imposition minimum.
Son montant varie fortement d’une ville à l’autre, car le taux utilisé pour son calcul est voté localement par les communes ou intercommunalités.
💡 À savoir : une entreprise est redevable de la CFE dans chaque commune où elle dispose de locaux/terrains.
La cotisation sur la valeur ajoutée repose sur la richesse produite (la valeur ajoutée) plutôt que sur l’implantation physique de l’entreprise. Elle cible les structures plus développées avec un système à deux paliers :
Dès 152 500 € de chiffres d’affaires : obligation pour les personnes morales et physiques de déclarer la valeur ajoutée et les effectifs salariés (via le formulaire n° 1330-CVAE-SD).
À partir de 500 000 € de chiffre d’affaires annuel HT : le paiement effectif de la cotisation devient obligatoire.
Contrairement à la CFE, son taux est fixé au niveau national. Enfin, il est important de noter que la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises disparaîtra progressivement d’ici 2030.
Pour savoir si vous devez payer la CET, il faut d’abord vérifier si vous entrez dans le champ d’application de ses deux composantes.
Voici un récapitulatif des critères d’imposition :
Si vous remplissez ces critères, vous êtes théoriquement redevable. Toutefois, la loi prévoit de nombreuses possibilités d’exonérations selon votre activité ou votre localisation.
Même si vous remplissez les critères évoqués précédemment, il existe de nombreuses situations où vous pouvez être dispensé de payer la CET. Ces dispenses reposent généralement sur trois piliers principaux :
La nature de votre activité (exonération permanente) : certaines professions sont exonérées d’office par la loi. C’est notamment le cas des exploitants agricoles, des artisans, des artistes et auteurs (peintres, sculpteurs, photographes auteurs), etc.
La création d’entreprise (exonération temporaire) : aucune CFE n’est due l’année où vous lancez votre activité (uniquement jusqu’au 31 décembre de l’année en cours).
La zone d’implantation (exonérations géographiques et facultatives) : certaines zones bénéficient d’avantages fiscaux pour dynamiser l’économie locale, comme les zones France ruralités revitalisation (ZFRR), les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), les bassins d’emploi à redynamiser (BER), etc.
💡 À savoir : il est nécessaire de faire une demande au service des impôts des entreprises (SIE) pour bénéficier des exonérations facultatives. De même, si l’exonération de l’année de création est automatique, il est tout de même indispensable de remplir et renvoyer au SIE la déclaration initiale n° 1447-C-SD avant le 31 décembre.
La CET n’étant pas une taxe unique, son coût total correspond simplement à l’addition de la CFE et de la CVAE. Pour anticiper votre budget, il convient donc de détailler les règles de calcul de chacune de ces deux composantes.
La CFE repose sur les biens soumis à la taxe foncière que vous avez utilisés pour les besoins de votre activité au cours de l’année N-2. Son calcul est le suivant : base d’imposition (valeur locative des locaux) x taux voté par la commune.
Si vous n’avez pas de local ou une valeur locative très faible, le calcul est effectué à partir d’une base minimum. Son montant est fixé par votre commune selon une grille tarifaire basée sur votre chiffre d’affaires.
💡 À savoir : une taxe additionnelle et des frais de gestion s’ajoutent au montant calculé. Ils s’élèvent respectivement à 1,12 % du montant de la base d’imposition à la CFE et 1 % du montant de la CFE et de la taxe additionnelle.
Concernant le paiement de la CFE, les modalités dépendent du montant payé l’année passée :
Inférieur ou égal à 3 000 € : elle doit être réglée en totalité au plus tard le 15 décembre.
Supérieur à 3 000 € : l’entreprise doit verser un acompte de 50 % de la CFE payée l’année précédente entre le 26 mai et le 16 juin inclus, et le solde doit être réglé au plus tard le 15 décembre.
Le paiement peut être effectué en ligne via votre compte fiscal professionnel, ou sur option par prélèvement mensuel (de janvier à octobre) ou à l’échéance.
Vous recevrez dans tous les cas un avis d’imposition dématérialisé sur votre compte professionnel des impôts indiquant le montant et le délai dont vous disposez pour régler la CFE.
Pour connaître le montant de la CVAE, la formule à réaliser est la suivante : valeur ajoutée taxable x taux de la CVAE.
La valeur ajoutée taxable s’obtient en déduisant les charges imputables (achats de marchandises, variation de stocks, etc.) du montant des produits à retenir (chiffre d’affaires, subvention d’exploitation, etc.).
Le taux de la CVAE, quant à lui, dépend du chiffre d’affaires hors taxe de l’entreprise et est fixé au niveau national :
💡 À savoir : une taxe additionnelle au profit de CCI France et des chambres de commerce et d’industrie de région s’ajoute au montant ainsi calculé. Elle est fixée à 9,23 % du montant de la CVAE pour 2026.
Concernant les modalités de paiement de la CVAE, elles varient en fonction du montant réglé l’année précédente par l’entreprise :
Inférieur ou égal à 1 500 € : versement unique par télérèglement via votre compte professionnel des impôts au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai de l’année suivant celle de l’imposition.
Supérieur à 1 500 € : versement en deux acomptes par télérèglement (50 % au plus tard le 15 juin de l’année d’imposition, puis 50 % au plus tard le 15 septembre de l’année d’imposition).
La Contribution Économique Territoriale (CET) est souvent perçue comme une charge « subie ». Pourtant, dans certains cas, il est possible de l’optimiser (de façon parfaitement légale) à condition de connaître les bons leviers.
Le montant de la CFE dépend directement de votre commune, puisque le taux est voté localement. Résultat : à activité équivalente, deux entreprises peuvent payer des montants très différents selon leur implantation.
Si vous avez le choix (domiciliation, bureau, coworking), il peut être pertinent de :
comparer les taux de CFE entre communes ;
vérifier les exonérations locales possibles ;
anticiper l’impact avant de fixer votre siège social.
De nombreuses exonérations existent (création d’entreprise, zones spécifiques, certaines activités, etc.), mais elles ne sont pas toujours automatiques.
Pour en bénéficier :
Vérifiez votre éligibilité dès la création.
Respectez les délais de déclaration.
Assurez-vous que l’exonération a bien été appliquée ou faites en la demande dans les délais.
Il existe un mécanisme souvent méconnu : le plafonnement de la CET en fonction de la valeur ajoutée.
Concrètement, si votre CET dépasse un certain pourcentage (1,531 % pour 2026) de la valeur ajoutée de votre entreprise, vous pouvez demander un dégrèvement au titre du plafonnement de la valeur ajoutée.
Attention : cette démarche n’est pas automatique. Vous devez en faire la demande dans les délais !
La CET (et particulièrement la CFE) est souvent surnommée la « taxe surprise », car elle arrive en décembre, au moment où la trésorerie est déjà sollicitée par les échéances de fin d’année (primes, acompte d’IS, etc.). Voici comment reprendre le contrôle et transformer cette contrainte fiscale en un élément de gestion maîtrisé.
Reprenez votre avis de l’année précédente, ajoutez-y une petite marge pour anticiper une hausse des taux communaux et divisez le montant par 12.
Vous pouvez ensuite programmer un virement automatique mensuel de ce montant vers un compte de gestion ou un livret dédié. Vous n’aurez alors pas à régler une somme importante d’un seul coup.
Comme nous l’avons vu, si la valeur locative est trop faible ou que vous ne disposez pas de locaux, la base de la CFE dépend de votre chiffre d’affaires. Ainsi, si vous passez de 9 900 € à 10 100 € de CA, votre plafond de cotisation peut doubler.
Faites le point en fin d’année avec votre comptable (ou votre logiciel de gestion) sur votre CA prévisionnel. Si vous franchissez un seuil, ajustez vos provisions pour l’année N+2.
Sachez que vous avez jusqu’au 30 juin pour opter pour la mensualisation de votre CFE. Cela étale le paiement sur dix mois (de janvier à octobre) et évite de décaisser une somme importante d’un seul coup en fin d’année.
C’est le réflexe le plus rentable, mais le moins utilisé. Si votre chiffre d’affaires a stagné alors que vos cotisations locales ont augmenté, vous payez peut-être trop.
Avant le 31 décembre, comparez la somme (CFE + CVAE) à 1,531 % de votre valeur ajoutée (taux applicable pour 2026). Si le total dépasse ce seuil, déposez une demande de dégrèvement.
Toute entreprise ou tout travailleur indépendant exerçant, à titre habituel, une activité professionnelle non salariée en France au 1er janvier de l’année d’imposition est redevable de la contribution économique territoriale (CET).
Oui. Même sans local dédié, la CFE est due. Elle est alors calculée sur une base minimum fixée par votre commune, selon une grille tarifaire dépendant de votre chiffre d’affaires hors taxe réalisé en N-2. La formule appliquée est la suivante : base minimum x taux voté par la commune.
Rédigé par :
Experte en facturation et relation client, Morgane simplifie les paiements et optimise la trésorerie pour concilier performance financière et satisfaction client.
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