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Dernière mise à jour le · 10 min

Résumé de l’article
Les pénalités de retard s’appliquent automatiquement entre professionnels dès le dépassement du délai de paiement, sans mise en demeure, et comprennent des intérêts de retard et une indemnité forfaitaire de 40 € par facture.
En 2026, le taux minimum légal est fixé à 7,86 % annuel, avec un taux recommandé basé sur le taux BCE majoré de 10 points, soit 12,15 % au premier semestre.
Les délais de paiement sont encadrés par la loi (30 jours par défaut, 60 jours ou 45 jours fin de mois sur accord), avec des exceptions selon certains secteurs d’activité.
Le calcul des pénalités repose sur une formule simple tenant compte du montant TTC, du taux annuel et du nombre de jours de retard, à laquelle s’ajoute systématiquement l’indemnité de 40 €.
Des mentions obligatoires doivent figurer dans les CGV et sur les factures, sous peine de sanctions financières importantes, et les pénalités font l’objet d’un traitement comptable spécifique.
Un client professionnel tarde à régler une facture ? Les pénalités de retard constituent un levier juridique essentiel pour les entreprises. Mais quel est le taux applicable en 2026 ? Comment effectuer le calcul des pénalités de retard ? Quelles mentions sont obligatoires sur vos documents commerciaux ?
Découvrez tout ce qu'il faut savoir pour sécuriser vos paiements et faire respecter vos délais.
Les pénalités de retard constituent une sanction pécuniaire automatique appliquée en cas de retard de paiement d'une facture entre professionnels. Encadrées par l'article L441-10 du Code de commerce, elles visent à compenser le préjudice financier subi par le créancier et à dissuader les retards de paiement.
💡 À savoir : contrairement aux délais de paiement qui peuvent être négociés, les pénalités s'appliquent de plein droit, sans nécessiter de mise en demeure préalable.
Il s'agit d'un pourcentage appliqué au montant TTC de la facture impayée. Ces intérêts se calculent dès le lendemain de l'échéance et continuent de courir jusqu'au paiement effectif. Leur objectif est de compenser la gêne financière subie par le créancier, qui se retrouve privé d'une trésorerie normalement due.
Fixée à 40 € par facture impayée, cette indemnité s'applique une seule fois (elle n'est pas journalière). Elle couvre les frais administratifs de recouvrement : relances, courriers, temps passé à gérer l'impayé. Si les frais de recouvrement réels dépassent 40 €, le créancier peut réclamer une indemnité complémentaire sur présentation de justificatifs (honoraires avocat, huissier, etc.).
Toutes les entreprises sont concernées, quelle que soit leur taille :
TPE (Très Petites Entreprises)
PME (Petites et Moyennes Entreprises)
Grandes entreprises
Artisans et commerçants
Dès lors qu'une transaction commerciale s'opère entre deux professionnels, les pénalités de retard deviennent exigibles en cas de dépassement du délai de paiement convenu.
💡À savoir : certaines situations font exception : les baux commerciaux ne permettent pas d'appliquer l'indemnité forfaitaire de 40 € et les locations avec option d'achat (LOA) sont également exclues du dispositif.
En revanche, il est strictement interdit de facturer des pénalités de retard à un particulier (B2C). Une telle pratique est considérée comme illégale. En cas d'impayé avec un consommateur, la seule option consiste à engager une procédure judiciaire pour réclamer des dommages-intérêts.
En l'absence de stipulation contraire (que ce soit dans les CGV - Conditions Générales de Vente ou sur la facture), le délai légal de paiement est fixé à 30 jours à compter de la réception de la marchandise ou de la réalisation de la prestation de services. Ce délai s'applique automatiquement à toutes les transactions entre professionnels. Passé ce délai, les pénalités de retard deviennent immédiatement exigibles.
Les professionnels disposent d'une certaine liberté contractuelle pour fixer des délais de paiement supérieurs au délai par défaut, dans la limite de deux plafonds légaux :
60 jours calendaires à compter de la date d'émission de la facture ;
45 jours fin de mois à partir de la date d'émission de la facture.
Le calcul du délai de 45 jours fin de mois peut s'effectuer selon deux méthodes distinctes :
Méthode 1 : Fin du mois d'émission + 45 jours calendaires
Facture émise le 15 janvier → fin du mois = 31 janvier + 45 jours = 17 mars
Méthode 2 : Date d'émission + 45 jours, puis fin du mois atteint
Facture émise le 15 janvier + 45 jours = 1er mars → fin du mois = 31 mars
💡 À savoir : pour éviter tout litige, les parties doivent impérativement convenir de la méthode de calcul retenue et la mentionner explicitement dans leurs conditions générales de vente.
Certains secteurs d'activité bénéficient de délais de paiement dérogatoires encadrés par des dispositions légales spécifiques :
Le législateur a instauré un taux minimum en dessous duquel les pénalités de retard ne peuvent être fixées. Pour l'année 2026, ce taux plancher s'élève à 7,86% annuel, correspondant au triple du taux d'intérêt légal en vigueur.
Toute clause contractuelle prévoyant un taux inférieur à ce minimum est juridiquement nulle.
💡 À savoir : les professionnels conservent une totale liberté contractuelle pour fixer un taux supérieur à 7,86%. Ils peuvent opter pour le taux recommandé par le Code de commerce ou convenir d'un taux encore plus élevé, à condition de le mentionner explicitement dans leurs conditions générales de vente.
Le Code de commerce préconise l'application d'un taux fondé sur le taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE), majoré de 10 points de pourcentage. Ce taux offre une meilleure compensation du préjudice financier que le taux minimum légal.
Pour le premier semestre 2026, ce taux s'élève à 12,15% annuel (2,15% + 10 points).
💡 À savoir : le taux BCE évolue selon la politique monétaire européenne. Pensez à le consulter semestriellement (1er janvier et 1er juillet) pour mettre à jour vos conditions générales de vente et garantir leur conformité.
Le choix du taux de pénalités dépend de votre stratégie commerciale et de la nature de vos relations clients :
Opter pour le taux minimum (7,86%) : convient aux relations commerciales sensibles avec des clients habituels ou stratégiques. Il permet d'appliquer la loi tout en préservant la relation commerciale ;
Privilégier le taux recommandé (12,15%) : standard du marché, il offre un effet dissuasif réel et compense correctement le préjudice financier. Il constitue un juste équilibre entre fermeté et modération ;
Taux supérieur : possible si prévu dans vos CGV, mais attention à ne pas dégrader vos relations commerciales ou inciter vos clients à se tourner vers la concurrence.
Le calcul des pénalités de retard repose sur une formule simple qui permet de déterminer précisément le montant dû par le client défaillant.
Pénalités = Montant TTC × Taux annuel × (Jours de retard / 365)
À ce montant s'ajoute systématiquement l'indemnité forfaitaire de 40 € par facture impayée.
Prenons un cas concret pour illustrer l'application de la formule.
Situation :
Facture : 5 000 € TTC
Date d'échéance : 15 janvier 2026
Paiement effectif : 30 mars 2026
Taux applicable : 12,15% annuel
Étape 1 : Calcul des jours de retard
Le décompte commence le lendemain de l'échéance, soit le 16 janvier, et s'arrête à la date du paiement effectif, le 30 mars.
Nombre de jours de retard : 74 jours
Étape 2 : Calcul des intérêts de retard
Application de la formule :
5 000 € × 12,15% × (74/365)
5 000 € × 0,1215 × 0,2027
= 123,14 €
Étape 3 : Ajout de l'indemnité forfaitaire
Indemnité : 40 €
TOTAL DES PÉNALITÉS = 123,14 € + 40 € = 163,14 €
Certaines situations nécessitent d'adapter le calcul des pénalités de retard.
L'indemnité forfaitaire de 40 € reste due intégralement, même si le client règle une partie de la facture. En revanche, les intérêts de retard se calculent uniquement sur le montant encore impayé.
L'indemnité de 40 € s'applique par facture. Si cinq factures sont en retard, vous pouvez réclamer 200 € d'indemnité (5 × 40 €), en plus des intérêts calculés individuellement pour chaque facture.
Si vos frais de recouvrement réels dépassent 40 €, vous pouvez réclamer une indemnité complémentaire sur présentation de justificatifs (honoraires d'avocat, frais d'huissier, etc.). Cette demande intervient a posteriori, une fois les frais engagés. Concrètement, cette indemnité supplémentaire se réclame séparément et au cas par cas, en fonction des dépenses réellement supportées.
Les conditions générales de vente doivent obligatoirement mentionner les pénalités de retard applicables. Ces mentions constituent une obligation légale pour toutes les transactions entre professionnels.
Les informations à faire figurer :
Le taux des pénalités de retard ;
Les conditions d'application de ces pénalités ;
L'indemnité forfaitaire de 40 € par facture impayée ;
Le délai de paiement accordé à vos clients.
Voici une formulation type à insérer dans vos CGV : "En cas de retard de paiement, des pénalités de retard au taux de 12,15% annuel seront exigibles sans mise en demeure préalable, ainsi qu'une indemnité forfaitaire de 40 € par facture pour frais de recouvrement."
💡 À savoir : les CGV doivent être remises systématiquement à vos clients professionnels avant toute transaction.
Chaque facture émise à un client professionnel doit également comporter des mentions relatives aux pénalités de retard. Ces informations doivent être parfaitement cohérentes avec celles figurant dans vos CGV.
Les mentions suivantes sont obligatoires :
La date limite de paiement ;
Le taux des pénalités de retard (identique à celui prévu dans vos CGV) ;
L'indemnité forfaitaire de 40 € ;
Les conditions d'escompte éventuellement accordé en cas de paiement anticipé
💡 À savoir : ces mentions figurent généralement en bas de facture, dans la section dédiée aux conditions de paiement. Elles doivent être clairement lisibles pour informer le client de ses obligations et des conséquences d'un éventuel retard.
L'absence de mention des pénalités de retard sur les CGV ou les factures expose l'entreprise à des sanctions administratives particulièrement dissuasives :
Personne physique : 75 000 € (doublé à 150 000 € en cas de récidive)
Personne morale : 2 millions d'euros (porté à 4 millions € en cas de récidive)
Ces sanctions peuvent être aggravées en cas de dépassement des délais légaux de paiement ou de non-respect de la réglementation issue de la loi de modernisation de l'économie (LME).
💡 À savoir : même en l'absence de mention sur vos documents, les pénalités de retard restent dues au taux minimum légal de 7,86%. Toutefois, vous vous exposez aux amendes administratives mentionnées ci-dessus.
Les pénalités de retard font l'objet d'écritures comptables spécifiques qui diffèrent selon que vous êtes créancier ou débiteur.
Lorsque vous recevez des pénalités de retard de la part d'un client, l'écriture comptable se présente ainsi :
L'enregistrement intervient à l'encaissement effectif des pénalités, et non lors de leur facturation. Les montants sont comptabilisés hors TVA et constituent un produit imposable à déclarer dans le résultat fiscal de l'exercice.
Lorsque vous réglez des pénalités de retard à un fournisseur, voici l'écriture à comptabiliser :
L'enregistrement intervient au moment du paiement effectif des pénalités. Les montants sont comptabilisés hors TVA et constituent une charge déductible fiscalement sur l'exercice concerné.
💡À savoir : contrairement aux intérêts de retard fiscaux qui ne sont pas déductibles, les pénalités de retard contractuelles entre professionnels sont intégralement déductibles fiscalement, tant pour le créancier (produit) que pour le débiteur (charge).
Le taux minimum légal est de 7,86% annuel (trois fois le taux d'intérêt légal). Le Code de commerce recommande le taux BCE majoré de 10 points, soit 12,15% annuel au premier semestre 2026. Vous pouvez fixer un taux supérieur dans vos conditions générales de vente.
La formule de calcul est : Montant TTC de la facture impayée × Taux annuel × (Jours de retard / 365) + 40 € (indemnité forfaitaire). Le taux annuel préconisé par la BCE est de 12,15% en 2026. Les jours de retard se comptent du lendemain de l'échéance au paiement effectif.
Indiquez la date limite de paiement, le taux des pénalités (identique à celui de vos CGV) et l'indemnité forfaitaire de 40 €. Ces mentions figurent généralement en bas de facture dans la section "Conditions de paiement".
Les pénalités s'appliquent automatiquement dès le lendemain de l'échéance sans mise en demeure préalable. Votre relance doit indiquer le montant calculé (intérêts + 40€). Comptabilisez-les hors TVA lors de l'encaissement effectif.

Article écrit par Clementine
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