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Benjamin Plateau · 11 min · Dernière mise à jour le

Résumé de l’article
Une immobilisation incorporelle est un actif immatériel durable, comme un logiciel, un brevet ou une marque, qui génère une valeur économique pour l’entreprise.
Pour être comptabilisé à l’actif du bilan, l’actif doit être identifiable, contrôlé par l’entreprise et procurer des avantages économiques futurs.
Les immobilisations incorporelles s’évaluent selon leur coût d’acquisition ou leur coût de production lorsqu’elles sont créées en interne.
La plupart des immobilisations incorporelles sont amortissables sur leur durée d’utilisation, à l’exception de certains actifs comme le fonds commercial.
Une bonne gestion des actifs incorporels permet de renforcer la valeur de l’entreprise, sa compétitivité et son potentiel de croissance.
Votre entreprise a investi dans un logiciel métier, déposé un brevet ou acquis un fonds de commerce ? Ces actifs immatériels constituent des immobilisations incorporelles. Contrairement aux immobilisations corporelles comme les bâtiments ou le matériel, elles n'ont pas de substance physique mais augmentent significativement le patrimoine de l'entreprise.
Comment les identifier ? Quels comptes utiliser pour les comptabiliser ? Quelle durée d'amortissement appliquer ? Dans cet article, vous découvrirez tout sur les immobilisations incorporelles : définition, comptabilisation, évaluation et impact sur votre bilan comptable.
Une immobilisation incorporelle est un actif immatériel sans substance physique que l'entreprise détient durablement, c'est-à-dire sur une période supérieure à un exercice comptable (12 mois). À la différence des immobilisations corporelles comme les bâtiments ou le matériel informatique, l'immobilisation incorporelle est un actif invisible mais qui génère une valeur économique positive pour votre activité.
Pour être inscrite au patrimoine immatériel de l'entreprise, une immobilisation incorporelle doit être enregistrée à l'actif immobilisé du bilan. Cette inscription n'est possible que si le bien répond aux critères stricts définis par le Plan Comptable Général (PCG), conformément à l'article BOI-BIC-CHG-20-10-10 du BOFiP.
Le PCG impose trois conditions cumulatives pour qu'un actif immatériel soit reconnu comme immobilisation incorporelle.
Critère 1 : Être identifiable
L'actif doit être clairement distingué de l'activité globale de l'entreprise. Il est identifiable s'il est séparable (vendable, louable ou échangeable séparément) ou s'il résulte d'un droit légal ou contractuel (brevet, licence).
Critère 2 : Être contrôlé par l'entreprise
Votre entreprise doit maîtriser l'actif et en tirer les avantages économiques futurs. Ce contrôle repose généralement sur des droits légaux comme un brevet ou un droit d'auteur.
Critère 3 : Procurer des avantages économiques futurs
L’actif doit contribuer, directement ou indirectement, à générer des flux de trésorerie. Cela peut se traduire par une augmentation des ventes, une réduction des coûts ou des gains d'efficacité.
💡 À savoir : si ces trois critères ne sont pas remplis simultanément, les dépenses correspondantes doivent être comptabilisées en charges de l'exercice comptable et non inscrites au patrimoine immatériel de l'entreprise.
Les droits de la propriété industrielle et intellectuelle constituent la première catégorie d'actifs immatériels comptabilisables :
Brevets d'invention : monopole d'exploitation accordé pour 20 ans maximum, protégeant une innovation technique
Marques déposées : signes distinctifs enregistrés à l'INPI permettant d'identifier vos produits ou services
Licences d'exploitation : autorisations contractuelles d'utiliser un produit, un procédé ou une marque appartenant à un tiers
Droits d'auteur : protection des œuvres originales comme les logiciels, textes, visuels ou créations artistiques
Concessions : droits d'exploitation accordés par contrat pour une durée déterminée
Ces actifs confèrent un avantage concurrentiel durable et contribuent directement à l'activité de l'entreprise.
Les logiciels représentent une part croissante des immobilisations incorporelles, notamment pour les TPE et PME digitalisées :
Logiciels métiers achetés : CRM, ERP, outils de gestion spécialisés
Logiciels développés en interne par vos équipes techniques
Site web ayant une valeur commerciale durable (e-commerce, plateforme SaaS)
Applications mobiles spécifiques à votre activité
Le coût d'acquisition comptabilisé inclut le prix d'achat initial, les frais de paramétrage, les tests et les coûts de développement nécessaires pour rendre le logiciel opérationnel.
Enfin, le fonds de commerce regroupe plusieurs éléments immatériels acquis lors du rachat d'une activité existante :
Clientèle et achalandage
Nom commercial et enseigne
Notoriété et réputation
Droit au bail (indemnité versée au locataire sortant)
En revanche, le fonds de commerce n'inclut pas ces éléments : les murs (corporel), le matériel (corporel), le stock (actif circulant).
💡 À savoir : d'autres actifs incorporels peuvent être comptabilisés selon leur nature : les frais de développement (projets de recherche et de développement), les frais d'établissement (frais de constitution de la société, frais de premier établissement) et le capital immatériel (savoir-faire, bases de données, fichiers clients).
L'évaluation d'une immobilisation incorporelle dépend de son mode d'acquisition. Deux cas de figure se présentent.
La valeur comptabilisée correspond au coût d'acquisition, calculé selon la formule suivante :
Valeur = Prix d'achat + Frais accessoires
Les frais accessoires incluent :
Honoraires (avocat, conseil)
Droits de mutation et frais d'enregistrement
Frais d'installation et de mise en service
Exemple : achat d'un brevet à 50 000 € + honoraires d'avocat 3 000 € + frais d'enregistrement 1 000 €. Soit une valeur d’origine de 54 000 €
La valeur correspond au coût de production, comprenant :
Salaires des équipes mobilisées
Charges sociales afférentes
Consommables et matières utilisés
Quote-part des charges indirectes de production
Prenons un exemple détaillé : le développement d'un logiciel interne
Une PME développe un outil de gestion commerciale sur 4 mois en mobilisant :
L'amortissement permet de répartir le coût d'une immobilisation incorporelle sur sa durée d'utilisation prévisionnelle. Ce mécanisme comptable constate la perte de valeur progressive de l'actif et transforme cette dépréciation en charge déductible du résultat.
Point de départ : la date de mise en service de l'immobilisation (et non la date d'achat).
Première année : l'amortissement se calcule au prorata temporis, c'est-à-dire en fonction du nombre de jours réels d'utilisation sur l'exercice comptable.
Formule annuelle : Dotation aux amortissements = Valeur d'origine / Durée d'amortissement
Exemple : Logiciel acheté 6 000 € le 1ᵉʳ avril 2023, amorti sur 3 ans.
Amortissement 2023 : 6 000 € / 3 ans × 9 mois / 12 = 1 500 €
Amortissement 2024 : 2 000 €
Amortissement 2025 : 2 000 €
Amortissement 2026 : 500 € (solde)
Chaque type d'immobilisation incorporelle suit des durées d'amortissement spécifiques selon sa nature et son usage.
💡 À savoir : un test annuel de dépréciation est recommandé. Si l'actif perd durablement de la valeur (obsolescence, baisse d'activité), une provision pour dépréciation doit être constatée au compte 29x.
En comptabilité, le Plan Comptable Général réserve les comptes de classe 20 pour enregistrer les immobilisations incorporelles. Chaque nature d'actif correspond à un compte spécifique.
Ces comptes permettent de structurer correctement le bilan et d'assurer un suivi rigoureux de votre patrimoine immatériel.
Lorsque vous achetez une immobilisation incorporelle auprès d'un tiers, l'enregistrement comptable suit un schéma classique d'acquisition.
Exemple concret : achat d'une licence logicielle pour 5 000 € HT (TVA 1 000 €) le 15 mars 2026.
Écriture comptable à l'acquisition :
La licence figure désormais à l'actif du bilan pour 5 000 € et sera amortie selon sa durée d'utilité.
Lorsque votre entreprise développe elle-même un actif immatériel (logiciel, application, base de données), une écriture spécifique transforme les charges engagées en immobilisation.
Exemple : développement d'un logiciel interne dont le coût de production s'élève à 10 000 € (salaires + charges sociales + consommables).
Écriture comptable à la clôture de l'exercice :
Cette écriture présente un impact neutre sur le résultat : elle annule les charges déjà enregistrées en les transférant à l'actif du bilan. L'actif sera ensuite amorti sur 3 à 5 ans selon sa durée d'utilité.
💡 À savoir : les frais de publicité, de formation du personnel ou de prospection commerciale ne peuvent jamais être immobilisés, même s'ils visent le lancement d'un nouveau produit. Ils restent obligatoirement en charge.
Lorsque vous vendez une immobilisation incorporelle, l'opération génère une plus-value ou une moins-value selon l'écart entre le prix de cession et la valeur comptable résiduelle.
Soit le résultat de cession = Prix de vente - Valeur Nette Comptable (VNC)
Rappel VNC : VNC = Coût d'acquisition - Amortissements cumulés
Exemple chiffré :
Brevet acquis en 2021 : 20 000 €
Amortissement sur 10 ans : 2 000 €/an
Amortissements cumulés 2021-2025 : 10 000 €
VNC au 31/12/2025 : 20 000 € - 10 000 € = 10 000 €
Vente du brevet en 2026 : 15 000 €
Plus-value : 15 000 € - 10 000 € = 5 000 €
Le traitement fiscal de la plus-value dépend de la durée de détention de l'actif et du régime fiscal de votre entreprise.
Pour les entreprises soumises à l'IS : toutes les plus-values sont imposées au taux normal de l'IS, quelle que soit la durée de détention.
Pour les entreprises soumises à l'IR :
La distinction entre plus-value à court terme (PVCT) et plus-value à long terme (PVLT) est applicable :
Les plus-values à court terme et les moins-values à court terme (prix de vente < VNC) se compensent entre elles. Le solde net obtenu est intégré au résultat imposable de l'entreprise et imposé dans les conditions normales au barème progressif de l'impôt sur le revenu, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux de 18,6 %.
Les plus-values à long terme sont imposées au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %, dont 12,8 % au titre de l'IR et 18,6 % de prélèvements sociaux.
💡À savoir : des exonérations de plus-values professionnelles existent pour les petites entreprises selon leur chiffre d'affaires et la durée de détention. Consultez votre expert-comptable pour optimiser la fiscalité de vos cessions d'actifs incorporels.
À chaque clôture d'exercice, vous devez vérifier que vos immobilisations incorporelles n'ont pas perdu durablement de la valeur. Ce test de valeur annuel permet d'identifier les actifs surévalués.
Quand constater une dépréciation ?
Obsolescence technologique (logiciel dépassé)
Baisse d'activité rendant l'actif moins utile
Évolution réglementaire limitant l'exploitation (brevet)
Cette provision est déductible fiscalement si la perte de valeur est justifiée et durable.
En France, la réévaluation libre des immobilisations incorporelles est interdite par le PCG. Vous ne pouvez pas augmenter arbitrairement la valeur d'un brevet ou d'une marque au bilan, même si leur valeur vénale (prix de marché) a considérablement augmenté.
Exception : réévaluation légale exceptionnelle décidée par l'État (très rare).
Cette règle prudentielle évite les surévaluations artificielles du patrimoine de l'entreprise.
Votre entreprise doit tenir à jour trois documents pour assurer un suivi rigoureux :
Tableau des immobilisations : mouvements d'acquisition, cession, mise au rebut
Tableau d'amortissements : dotations annuelles et cumuls
Fichier d'inventaire comptable : liste exhaustive mise à jour chaque année
Ces outils facilitent le contrôle interne et les vérifications lors d'un audit ou d'un contrôle fiscal.
Les immobilisations incorporelles apparaissent à l'actif du bilan et enrichissent le patrimoine de l'entreprise. Elles influencent directement votre capacité d'emprunt et votre crédibilité auprès des investisseurs.
Valeur Nette Comptable (VNC) vs Valeur vénale :
La valeur comptable inscrite au bilan reflète le coût d'origine diminué des amortissements. Mais la valeur vénale (prix de marché réel) peut être très différente.
Exemple : une marque déposée achetée 10 000 € et amortie sur 10 ans affiche une VNC de 5 000 € après 5 ans. Mais grâce à la notoriété acquise, sa valeur vénale atteint désormais 100 000 €. Cet écart de 95 000 € représente une plus-value latente invisible au bilan.
Cette différence explique pourquoi certaines entreprises technologiques affichent des valorisations boursières très supérieures à leurs capitaux propres comptables.
Les brevets, marques et licences confèrent un monopole d'exploitation qui protège votre position sur le marché. Une gestion active de votre propriété intellectuelle permet de :
Protéger vos innovations contre la concurrence
Générer des revenus de licence d'exploitation
Renforcer votre positionnement stratégique
Dans l'économie numérique, le capital immatériel devient l'actif stratégique principal. Les startups, éditeurs de logiciels et entreprises technologiques fondent leur modèle sur des actifs immatériels :
Logiciels propriétaires
Algorithmes et bases de données
Recherche et développement
Un bilan riche en immobilisations incorporelles témoigne d'une forte capacité d'innovation et d'un potentiel de croissance élevé, critères essentiels pour les investisseurs et partenaires financiers.
C'est un actif immatériel sans substance physique (logiciel, brevet, marque) détenu durablement par l'entreprise et générant une valeur économique positive. Elle est inscrite à l'actif du bilan et généralement amortissable.
L'immobilisation corporelle est un actif physique tangible (bâtiment, véhicule), tandis que l'incorporelle est un actif immatériel intangible (brevet, logiciel). Les deux sont des actifs immobilisés au bilan.
Utilisez les comptes de classe 20 (201 à 208) selon la nature de l'actif. Débitez le compte d'immobilisation et créditez le fournisseur (pour les immobilisations achetées) ou la production immobilisée (créée en interne).
Un logiciel acheté s'amortit généralement sur 1 à 3 ans, un logiciel développé en interne sur 3 à 5 ans selon sa complexité et sa durée d'utilité prévisionnelle pour l'activité de l'entreprise.
Rédigé par :
Fort de 8 ans d’expérience en gestion comptable et management, Benjamin partage sa vision opérationnelle pour optimiser les processus et la performance des organisations.
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