Simplifiez votre compta avec un expert-comptable à vos côtés
Se faire accompagner
🎁 Offre : jusqu’à 3 mois offerts jusqu’au 31/03 ! ⏳ J’en profite

Le Blog de Clementine
Guides, conseils et astuces pour piloter votre activité avec sérénité.
Dernière mise à jour le · 9 min

Résumé de l’article
Un crédit de TVA apparaît lorsque la TVA déductible sur vos achats dépasse la TVA collectée sur vos ventes : l’État vous doit alors la différence.
Vous pouvez soit reporter ce crédit sur vos prochaines déclarations, soit demander son remboursement pour améliorer votre trésorerie.
Le remboursement est possible sous conditions, avec un seuil minimum de 760 € (mensuel, trimestriel ou semestriel) ou 150 € (annuel).
La demande s’effectue en ligne via votre espace professionnel, en complétant la déclaration de TVA et le formulaire adapté.
L’administration fiscale peut contrôler votre demande et exiger des justificatifs avant de procéder au virement.
Votre entreprise a payé plus de TVA qu'elle n'en a collectée ce mois-ci ? Cette situation crée un crédit de TVA récupérable auprès de l'administration fiscale. Concrètement, comment fonctionne ce mécanisme ? Quand et comment demander son remboursement ? Quels sont les seuils minimums à respecter en 2026 ?
Découvrez tout ce qu'il faut savoir pour récupérer efficacement votre crédit de TVA et améliorer votre trésorerie.
Chaque mois ou trimestre, l'entreprise calcule la différence entre la TVA collectée sur ses ventes et la TVA déductible sur ses achats. Cette opération détermine le montant à verser à l'administration fiscale.
Lorsque la TVA déductible dépasse la TVA collectée, l'entreprise se trouve en situation de crédit de TVA : l'État lui doit de l'argent. Ainsi :
Crédit de TVA = TVA déductible - TVA collectée (quand le résultat est positif).
Prenons l’exemple d’une agence web nouvellement créée qui réalise en février 2026 :
Ventes : 10 000 € HT → TVA collectée : 2 000 €
Achats ordinateurs + logiciels : 17 500 € HT → TVA déductible : 3 500 €
Crédit de TVA : 1 500 €
Pour calculer la TVA d’un montant HT ou TTC, nous vous invitons à utiliser notre calculateur de TVA.
Plusieurs contextes favorisent l'apparition d'un crédit de TVA :
Entreprise en création : achats importants (travaux, équipements, stocks) avant les premières ventes ;
Investissements significatifs : acquisition d'immobilisations générant une TVA déductible élevée sans augmenter immédiatement le chiffre d'affaires ;
Activité saisonnière : achats de stocks hors saison créant un décalage temporel avec les ventes ;
Activité export : ventes facturées à 0% de TVA tout en supportant la TVA normale sur les achats français ;
Secteur BTP : mécanisme d'autoliquidation où les sous-traitants ne facturent pas de TVA mais déduisent celle sur leurs achats de matériaux, créant un crédit structurel.
L'imputation constitue l'option par défaut lorsqu'aucune demande de remboursement n'est formulée.
Le crédit se reporte automatiquement sur la TVA suivante et vient réduire la TVA à payer. Dès qu'une TVA à payer apparaît les mois ou trimestres suivants, le crédit diminue progressivement jusqu'à épuisement total.
Cette solution ne nécessite aucune démarche administrative : pas de formulaire à remplir, pas de demande spécifique à adresser à l'administration fiscale.
Inconvénient principal : cette méthode immobilise vos liquidités jusqu'à utilisation complète du crédit. Pour une entreprise ayant besoin de trésorerie immédiate, cette option ne représente pas l’alternative la plus adaptée.
À l'inverse du report, la demande de remboursement permet de récupérer immédiatement les liquidités sans attendre de futures TVA à payer. Cette option améliore directement la trésorerie.
Cette démarche nécessite toutefois des formalités administratives auprès de l'administration fiscale.
Le remboursement d'un crédit de TVA nécessite quatre conditions cumulatives :
Être assujetti à la TVA : l’entreprise doit relever du régime réel ou simplifié, la franchise en base étant exclue ;
Respecter les seuils minimums : le crédit de TVA dégagé doit être d’au moins 760 € ou 150 € selon la périodicité ;
Disposer d'une déclaration (CA3 ou CA12) faisant apparaître le crédit ;
Justifier la TVA déductible par des factures conformes : elles doivent identifier le fournisseur et porter sur des opérations entrant dans le champ d’application de la TVA (conformément aux articles L211-99 à L211-123 du CIBS - Code des impositions sur les biens et services).
Le remboursement d'un crédit de TVA dépend de votre régime d'imposition et de la périodicité de vos déclarations. Le tableau suivant récapitule les seuils minimums et modalités applicables en 2026 :
Précisions importantes :
Le remboursement semestriel en régime simplifié concerne uniquement le crédit généré par l'acquisition d'immobilisations, excluant les charges d'exploitation courante. Les entreprises relevant du régime simplifié mais déposant des déclarations CA3 mensuelles (mini-réel) appliquent les mêmes seuils que le régime réel normal.
💡 À savoir : si le crédit de TVA reste inférieur au seuil minimum applicable, le remboursement devient impossible. La seule option consiste alors à reporter ce crédit sur les déclarations suivantes.
La déclaration CA3 comporte trois lignes dédiées au crédit de TVA :
Ligne 25 : indiquer le montant total du crédit de TVA constaté sur la période ;
Ligne 26 : indiquer le montant demandé en remboursement ;
Ligne 27 : indiquer le crédit reporté, correspondant à la différence entre les lignes 25 et 26 en cas de remboursement partiel.
La déclaration CA12 simplifie la démarche :
Renseigner le montant du crédit dans la section dédiée ;
Cocher la case “Demande de remboursement” ;
Indiquer le montant demandé en remboursement.
La demande de remboursement nécessite un formulaire spécifique selon votre régime d'imposition.
Le formulaire 3519-SD s'applique aux entreprises en régime réel normal et aux remboursements semestriels du régime simplifié. Il comporte trois informations essentielles : le montant du crédit demandé, la nature du crédit (exploitation, immobilisations, export ou autre) et les coordonnées bancaires complètes (IBAN et BIC).
Le formulaire 3517-S concerne uniquement les remboursements annuels en régime simplifié. Celui-ci est intégré directement dans la déclaration CA12, sans document séparé à joindre.
💡 À savoir : l'IBAN doit correspondre à un compte bancaire professionnel au nom de l'entreprise. Les virements sur comptes personnels sont systématiquement refusés par l'administration fiscale.
La télétransmission s'effectue exclusivement en ligne via l’espace professionnel sur Impots.gouv.fr.
Connectez-vous avec vos identifiants professionnels, puis accédez à la rubrique "Déclarer TVA". Sélectionnez la période concernée par la demande de remboursement et télétransmettez simultanément la déclaration de TVA et le formulaire 3519-SD. Le mode EFI (Échange de Formulaires Informatisé) est obligatoire pour toutes les entreprises assujetties.
💡 À savoir : vous disposez de deux ans pour réclamer un crédit de TVA. Un crédit constaté en 2024 doit être demandé au plus tard le 31 décembre 2026, passé ce délai il devient définitivement perdu.
Une fois la demande télétransmise, l'administration fiscale dispose théoriquement de 15 à 20 jours ouvrés pour traiter le dossier et procéder au remboursement.
En pratique, les délais varient selon le montant demandé :
Crédit inférieur à 5 000 € : 2 à 4 semaines ;
Crédit entre 5 000 et 50 000 € : 4 à 8 semaines ;
Crédit supérieur à 50 000 € : 2 à 6 mois en raison de contrôles systématiques.
L'administration peut solliciter des justificatifs complémentaires (factures d'achat, contrats, documents d'export) ou diligenter un contrôle sur pièces, voire un contrôle sur place pour les montants élevés. Le remboursement s'effectue par virement bancaire direct sur le compte professionnel.
💡 À savoir : si l'administration fiscale dépasse les délais légaux de traitement (4 mois sans demande d'information complémentaire, jusqu'à 8 mois avec demandes successives), elle doit vous verser des intérêts moratoires calculés au taux légal sur le montant admis, à compter du dépassement jusqu'au paiement effectif.
Reprenons notre exemple de l'agence web du début de notre article qui dispose d’un crédit de TVA de 1 500 €. Supposons qu’elle soit au régime réel normal mensuel de TVA.
Si l'agence choisit de reporter son crédit sur la déclaration suivante, l’écriture comptable au 28 février 2026 sera :
Si l'agence choisit plutôt de demander le remboursement immédiat de son crédit, l’écriture sera la suivante :
Écriture à la réception du virement :
Les entreprises nouvelles bénéficient d'une particularité : elles peuvent demander le remboursement de leur crédit de TVA avant même d'avoir réalisé leur première vente. Cette possibilité s'avère précieuse pour financer la phase de démarrage et améliorer la trésorerie initiale.
Trois conditions spécifiques doivent être remplies : avoir déposé la déclaration d'existence (numéro SIREN obtenu), pouvoir démontrer son intention de réaliser des opérations taxables à court terme et prouver le démarrage effectif grâce à des éléments objectifs.
L'administration fiscale sollicite fréquemment plusieurs documents pour vérifier la sincérité du projet. Le bail commercial ou l'acte d'achat des locaux professionnels constituent les premières preuves d'engagement. Les factures de travaux d'aménagement ou de rénovation démontrent l'investissement concret dans le démarrage.
Les contrats d'embauche signés ou promesses d'embauche attestent du développement de l'activité. Les devis de fournisseurs et commandes passées prouvent l'intention d'exploitation commerciale. Enfin, le business plan détaillant le lancement de l'activité permet d'évaluer la cohérence et la viabilité du projet entrepreneurial.
L'administration fiscale exerce une vigilance accrue sur les demandes de remboursement des entreprises nouvelles. Le refus intervient systématiquement en cas de doute sur l'intention réelle d'exercer une activité taxable. L'administration recherche notamment les montages artificiels visant uniquement à obtenir un remboursement sans réelle volonté d'exploitation commerciale.
Certaines erreurs fréquentes compromettent l'aboutissement de votre demande :
Demander un remboursement inférieur au seuil minimum : toute demande portant sur un montant inférieur à 760 € ou 150 € entraîne un refus automatique de l'administration fiscale ;
Oublier de joindre le formulaire 3519-SD : sans ce formulaire, l'administration ne traite pas votre demande et considère le crédit comme simplement reporté sur la déclaration suivante ;
Demander le remboursement d'un crédit déjà imputé : cette double demande provoque systématiquement un rejet et expose l'entreprise à un risque de redressement fiscal ;
Dépasser le délai de prescription : un crédit non réclamé avant le 31 décembre N+2 (pour un crédit constaté en année N) devient définitivement perdu.
Celui-ci survient lorsque la TVA déductible sur les achats dépasse la TVA collectée sur ses ventes au cours d'une période donnée. Cette situation signifie que l'État doit de l'argent à l'entreprise.
Deux options existent : l'imputation sur les déclarations suivantes ou la demande de remboursement via un formulaire. Le remboursement nécessite un crédit minimum de 760 € (mensuel/trimestriel/semestriel) ou 150 € (annuel). La demande s'effectue en ligne sur l'espace professionnel des impôts.
Le calcul consiste à soustraire la TVA collectée de la TVA déductible. Si le résultat est positif, un crédit de TVA apparaît. Par exemple, avec 4 000 € de TVA déductible et 3 000 € de TVA collectée, le crédit s'élève à 1 000 €. Ce calcul s'effectue lors de chaque déclaration de TVA.
La TVA à payer survient lorsque la TVA collectée dépasse la TVA déductible : l'entreprise doit verser la différence à l'administration fiscale. À l'inverse, le crédit de TVA apparaît quand la TVA déductible dépasse la TVA collectée : l'État doit de l'argent à l'entreprise.

Article écrit par Clementine
Simplifiez votre compta avec un expert-comptable à vos côtés
Se faire accompagner

Logement de fonction, gratuit ou participation symbolique… l’avantage en nature logement est un dispositif courant, mais souvent mal compris, tant par les salariés que par les employeurs. Qui peut en bénéficier ? Comment est-il évalué ? Et surtout, quelles sont ses conséquences fiscales et sociales ? Dans cet article, nous vous expliquons simplement le fonctionnement de cet avantage, ses modalités de calcul et son impact sur la rémunération et l’imposition du salarié.
6 min

Votre entreprise facture des prestations qui ne seront réalisées qu'au cours de l'exercice suivant ? Ces situations créent un décalage comptable qui nécessite une régularisation précise. Les produits constatés d'avance (PCA) permettent de respecter le principe d'indépendance des exercices en neutralisant temporairement ces revenus.
9 min

Vous êtes en train de créer une entreprise et vous entendez parler pour la première fois d'expert-comptable et de commissaire aux comptes ? Ces deux professionnels interviennent dans le domaine de la comptabilité, mais leurs rôles et missions diffèrent fondamentalement.
10 min